La maturité / le NIKON F 801

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Printemps 1996. Le Minolta X700 vient de mourir, peu de temps auparavant, j’ai échappé mon Sigma 21 / 35 par terre et il ne répond plus trop bien du diaphragme, Un investissement majeur est inévitable et le temps est venu de passer de focus manuel à l’autofocus, de la tradition à la modernité. J’envisage l´achat d´un Minolta Maxxum 600si, tout frais sorti sur le marché et dont on dit beaucoup de bien. L’utilisation de piles au lithium me rebute mais l’alimentation par piles AA est possible avec la poignée optionnelle (vertical grip). La philosophie de conception me plaît énormément mais le prix, un peu moins. De plus, j’en ai toujours voulu à Minolta de n’avoir pas privilégié la compatibilité avec les objectifs à monture MC ou MD. Je considère ce choix technique comme un affront aux photographes de la première heure qui ont supporté et promu, par leur fidélité indéfectible, la réputation de la marque. L’incompatibilité de la griffe de flash et la mauvaise réputation du service après vente chez Minolta ont fait pencher la balance vers Nikon, d’autant plus que l’alimentation par pile AA est de rigueur chez le prétendant.

Outre sa réputation bien établie chez les professionnels, je vouais pour Nikon beaucoup de respect en égard à la compatibilité entre AF et MF. Je ne savais pas à l’époque que la compatibilité flash pouvait être problématique mais ça restait un aspect marginal, ma décision était prise.

Les moyens sont restreints dans la mesure où je dois monter un système complet. J’opte pour le seconde main. Janine Paradis, chez Rapide Caméra Service, me recommande vivement le F801 ou le F90 à la condition que celui-ci ne soit pas hors de prix. Elle obtient le mandat de me trouver quelque chose d’intéressant. Ça a pris trois mois. La perle rare. Le 801 est comme neuf. Trouvé chez le genre médecin qui se paie le nec plus ultra mais ne fout rien avec… Je peux avoir le boîtier seulement pour $600. – mais comme j’ai besoin d’un objectif, je récupère un 35-70 Nikkor au passage pour un total de $750. -. La transition du manuel à l’autofocus se fera aisément. Faut dire que certaines machines de première génération (chez minolta, entre autre) n’avaient rien d’attirant à cet égard. Trop de fonctions commandées par deux boutons activés en même temps, rien d’instinctif. Le 801 est tout simple, tout est logique, d’accès facile.

Je ne sais pas encore, à ce moment, que le 801 fera époque dans la lignée Nikon. C’est désormais un appareil mythique. Bien sûr que le F90 ou le nouveau F100 sont plus performants mais il a tracé la voie, jeté la base pour les générations suivantes. La seule exception, le F70, fait figure de mouton noir. Pas une mauvaise machine mais l’approche ergonomique, la présentation plutôt ludique en fait la Edsel des Nikon… Reste que le 801 est un véritable char d’assault. Le 4X4 des Kodak… Je le traîne partout dans les pires conditions. Il me vient à l’esprit ces nombreuses randonnées en motoneige par moins 25, moins 30, sur terrain souvent accidenté. Des séances de photos de nuit, par moins 35, monté sur trépieds, exposé au vent. Faut le faire, traîner une caméra de plus de 10 ans d’âge et travailler en mode continu rapide par moins 44 avec facteur vent… Les seuls problèmes rencontrés étaient liés à l’état des piles changées à mi-parcours mais l’écran LCD n’a jamais failli, jamais, ni l’autofocus, ni l’exposition. Si ça se trouve, il n’a pas répondu à quelques pressions sur le déclencheur. Si peu…

Commentaire de Janine Paradis : T’en as un bon, gardes-le… J’ai l’habitude de suivre les conseils de Janine…

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