Le coup de cœur / le MINOLTA XD11.

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 Été 1979. Sexy. Le Minolta XD11 est et restera toujours mon grand amour. Boîtier compact, racé, à l´ergonomie irréprochable, sensuel même…

 Il était disponible en 1978 en boîtier chrome. En 1979, il apparaît, tout de noir vêtu. J´en bave. Durant l´été 79, je descends en vacances, je suis à Québec, je vais chez un magasin d’appareil usagé où j´avais déjà fait quelques acquisitions comme un 21mm Soligor (perdu plus tard dans la poste…), un 28-90/2.8 Vivitar série 1 etc. . Il se trouve, qu’il a, miraculeusement, un Minolta XD11, « black body », usagé, à vendre, avec en plus, un 28mm/2.8 MD-Rokkor, et avec, en plus, un winder D dessous…Il demande $750.00. Le SR-M l´intéresse, marché conclu ! Tout, dans cet appareil, est génial. La prise en main, avec et sans moteur, le poids, l’équilibre, tout est à la bonne place, d´instinct.

Le double automatisme est un exemple de simplicité. La vitesse flash qui est aussi la vitesse mécanique est curieusement à 1/90sec. Développé conjointement avec Leica, l’obturateur est électronique mais est doté de cette précieuse vitesse mécanique. La pile tombe à plat? Le posemètre ne fonctionne plus mais si vous avez l’oeil, vous pouvez déclencher Ad Nauseam. C’est ce qui me manque le plus du XD11. L’ami fidèle qui ne vous laisse jamais tomber…

En 1980, le XD11 est victime d´un accident de la route. Le prisme est bosselé, la mollette de rembobinage est sévèrement touchée et l´oculaire est fracturé. Ça n´empêche pas la caméra de fonctionner. En fait, la caméra sera révisée, nettoyée dans le mois qui suit mais la réparation de la mollette et de l´oculaire ne se fera que 5 ans plus tard…

Même à l’époque du X-700, le XD11 était régulièrement utilisé. Avec un 28mm et sans moteur, il était le compagnon idéal pour les randonnées en raquette. C’était aussi celui qui me suivait sur la mine et c´est ce qui l´a mené à sa perte. Par une belle journée de 1995, je rentre à l’ouvrage avec mon sac photo XD11, et par esprit pratique, outre la caméra, on y retrouve un sous-marin et une canette de Coke… Au bout d´une heure et demie, j´ouvre le sac pour prendre le XD11. Il baigne dans le Coke depuis combien de temps ? Ça n´a pas vraiment d’importance, le mal est fait et c’est irrémédiable. Le XD11 le cascadeur spécialiste des tonneaux en voiture n´a pas survécu à ce débordement de glucose liquide. C’est pas vrai qu’à tous les jours, «avec Coke, y a d´la joie ! »

Des années plus tard, chez Rapide Caméra Service, Janine Paradis m’a fait un cadeau. Elle y avait un XD11 qui traînait dans l’arrière boutique. L’amorce pour le film était brisé, elle a fait une réparation de fortune et ça fonctionnait même si c’était parfois laborieux d’y insérer la pellicule. Je te le prête à long terme. Si jamais j’en ai besoin un jour, je te ferai signe. Un an ou deux plus tard, j’arrive à Québec. Comme c’est mon habitude, la première station d’arrêt est Rapide Caméra. À ma grande stupéfaction, il y a un cadenas sur la porte de la boutique. La secrétaire de l’atelier voisin me confie que c’est ainsi depuis le début de la semaine et qu’il n’y a plus de son, plus d’image… Je n’ai jamais su ce qui s’est passé. Où est Janine? Emportée dans sa légende de magicienne des Kodak… J’ai attendu 5 ans avant de commander, chez Service Caméra Pro, une transplantation d’amorce de mon boitier original à celui de Janine. J’ai aussi trouvé un 28mm 2.8 MD chez Presto et le pare-soleil dédié sur eBay. Me voici revenu en 1978 avec le XD11 et du Ilford HP5 derrière le rideau. Un voyage dans le temps. C’est comme retrouver la femme de sa vie après un long exil. Pas vieillie d’un trait, toujours aussi complice. Encore aujourd’hui, 37 ans après les vœux, je la sors à l’occasion, je l’épouse à nouveau.

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