Le détournement majeur / le MAMIYA M645

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Été 1997. Cette année-là, j’expose au Musée de Sept-Îles. Première exposition d’importance hors de Fermont. Je me suis mis à rêver de 16X20… et surtout d’épreuves de qualité Fine Art… Comme le sujet avait demandé de travailler en HP5 poussé à 3,200 ISO, en 11X14, c’était limite. Le moyen format me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà mais là, le besoin était justifié et un ixième retard du projet de restauration de ma Mini Cooper’S 69 fut le prétexte pour faire le saut… Janine avait justement un Mamiya 645 sur ses tablettes…

Les événements se sont précipités. Chez Rapide Caméra, j’achète le Mamiya avec viseur waist level,  objectif 75mm, bagues macro, inserts 120 et 220, poignée et aussi viseur prisme avec posemètre intégré. À cela s’ajoute un agrandisseur couleur Chromega C760XL avec objectif 50mm, porte-négatifs 35mm et diapo. À cela s’ajoute un porte négatif 120 et objectif 75mm pour répondre aux besoins du nouveau format. Pour le Mamiya, je trouve un 150mm ailleurs à Québec et chez Simon’s, un grand angle 45mm. Les $4,000 prévus pour le char anglais sont détournés vers la photo.

Les choses ne vont pas toujours comme prévu. Tout ce qui était relié au 645 fut mis en veilleuse pendant plusieurs années. Je n’ai pas beaucoup exploité cet appareil. Des problèmes de statique avec les inserts 220 n’ont pas aidé non plus. Reste que l’expérience ne fut pas que négative, au contraire, et certaines sorties furent plus que gratifiantes. Ça fait son chemin au-dedans de moi et ça n’est pas terminé.

Ce que j’en retiens à date, c’est une approche plus zen de la photographie. On utilise un trépied comme si ça allait de soi, on prend son temps pour cadrer, on ferme, on travaille la profondeur de champs, on relève le miroir, et Ansel Adams devient notre saint patron…

Parallèlement à l’image, il y a l’objet. La texture, le poids, les sons, l’expérience est sensuelle. On sent surtout que la photographie est un processus. C’est une démarche, une attitude, un rituel, et l’appareil est un peu l’encensoir de cette messe à la beauté des choses…

Franquelin, mai 2016. Le film 120 est loin d’être mort même si la pellicule servait déjà dans les Kodak Brownie de 1901. Pour l’heure, quand je vais à Fermont, la chambre noire y est toujours et au moins durant l’été, le 645 est en service.

Je suis en réaménagement de sous-sol et je pourrai me remettre à traiter le film argentique plus régulièrement sous peu. Il y a de fortes chances que le 645 soit privilégié pour la « messe à la beauté des choses »… Je ne ferai pas de print à Franquelin. La fausse sceptique interdit la chimie argentique (les chimies film seront récupérées et éliminées dans les normes). Le scanner (Microtek 120tf) et l’imprimante Epson grand format feront la job d’impression.

Parlant de Kodak Brownie, j’en ai reçu un en cadeau de mon bon ami Donald Poirier. Parlant de Fermont, j’y suis allé récemment et j’en ai profité pour exposer du 120. Je n’ai pas eu le temps de faire des prints. Trop de monde à voir, le but du voyage était d’ordre juridique et le skidoo de printemps était au menu. Tout de même. Les négatifs sont prometteurs. J’ai aussi transféré de la pelicule 120 sur des bobines 620 et je me propose de mettre à profit un Brownie Bull’s Eye qui, lui, date de 1954. Comme avec son prédécesseur, il fait du 6x9cm. Je vous reviens là-dessus…

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